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2020-05-22 08:03:22

[…] doux nocturne céleste, et enfin le crépuscule, merveilleux adieu qui n'a rien de lugubre ni de funèbre. On est au chaud au milieu des oiseaux quand tout s'éteint. C'est dans cet ordre que ce qui constitue l'ultime grand chef d'œuvre de Strauss est donc créé à Londres au Royal Albert Hall, par un autre monument, lui-même tout juste sorti de son procès en dénazification, Wilhelm Furtwängler, avec un troisième monument, du chant cette fois, Kirsten Flagstad, à la voix sobrement dramatique, référence absolue.
 Il existe un enregistrement de cette création, dont le son est vraiment détestable et gâche une bonne partie du plaisir. Ce n'est donc pas cette captation historique que je vous propose pour ce 70ème anniversaire, mais un enregistrement plus récent par une autre immense interprète (il y en a eu beaucoup, il faut bien le dire, avec des voix souvent plus légères), Jessye Norman ici luxueusement accompagnée […]

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2020-03-04 03:27:25

Le Philharmonia Orchestra, « La Naissance d'une légende ». CD 1 à 3 – sous la direction d'Herbert von Karajan : Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour piano en la mineur op. 54 (piano : Dinu Lipatti). Franz Schubert (1797-1828) : « Symphonie inachevée » en si mineur D. 759. Ottorino Respighi (1879-1936) : Pini di Roma. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : ouverture d'« Egmont » op. 84 ; Symphonies n° 5 et 7. Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan op. 20. Béla Bartók (1881-1945) : Musique pour cordes, percussion et célesta Sz. 106. Jean Sibelius (1865-1957) : Symphonie n° 5. CD 4 à 5 – sous la direction de Wilhelm Furtwängler : Richard Wagner (1813-1883) : Prélude du 1er acte et « Liebestod » du 3e acte de « Tristan et Isolde » ; Immolation de Brünnhilde du « Crépuscule des dieux » (soprano : Kirsten Flagstad). Gustav Mahler (1860-1911) […]

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2020-01-17 11:00:09

[…] la « Sérénade florentine » annonce le sommeil de « Beim Schlafengehen », et jamais Duparc n’aura paru aussi straussien que dans la transcription pour piano de son poème symphonique « Aux étoiles ». « K nieï » évoque les « lumières rouges du soir », « La Vie antérieure » décrit les « couleurs du couchant reflété par mes yeux », celles-là même d’ « Im Abendrot ». Soutenue par le piano plein de retenue de Jonathan Ware, Elsa Dreisig a la grande intelligence de ne se prendre ni pour Kirsten Flagstad ni pour Jessye Norman. Au retour au texte que permet la nudité du piano s’ajoute le fait que les Quatre Derniers Lieder n’apparaissent pas ici comme l’expression du désarroi face à l’inéluctable passage des années, et encore moins comme un faire-valoir à divas. Ces pages célébrissimes se refont une virginité et nous touchent autrement. Arrachées aux barytons-basses qui s’en font parfois une spécialité, les extases mortifères de Duparc acquièrent une seconde jeunesse. La soprano […]

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2019-10-21 06:00:32

On s’était ému, en faisant la chronique du récital de Lise Davidsen publié au printemps chez Decca, des comparaisons incessantes, à la fois flatteuses et pernicieuses, entre le jeune talent norvégien et son illustre compatriote Kirsten Flagstad. Pour ses premiers pas à la Philharmonie de Paris, les événements invitent à une autre comparaison, aux reflets louangeurs tout aussi ambivalents : actualité oblige, les concerts sont dédiés à la mémoire de Jessye Norman, en l’honneur de laquelle une minute de silence est observée au début de la soirée. Et Lise Davidsen doit donc se lancer dans les Quatre derniers Lieder de Richard Strauss sous la houlette tutélaire – bien involontaire – de celle qui en grava, avec Kurt Masur, l’une des versions les plus intenses. On néglige parfois combien est écrasante la pression qui pèse sur ces jeunes artistes, lorsqu’ils commencent à courir les plus grandes scènes et à aligner les collaborations prestigieuses ; […]

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2019-07-01 09:00:16

Certains compliments sont remplis de pièges : la trentaine juste atteinte, à peine auréolée de sa victoire à l’édition 2015 du Concours Operalia, Lise Davidsen a les moyens naturels, le souffle et l’ampleur d’une authentique wagnérienne, elle est de haute stature, et elle est norvégienne. Ne dîtes rien de plus, c’est la nouvelle Kirsten Flagstad ! Entamer une carrière internationale nantie de telles comparaisons, c’est un fardeau dont beaucoup voudraient se débarrasser, quitte à se démarquer à tout prix d’un modèle si imposant. Pour son premier récital chez Decca, Lise Davidsen semble pourtant revendiquer l’héritage, en alignant les pages de Wagner et de Strauss, et notamment ces Quatre Derniers Lieder qui eurent pour créatrice son illustre aînée. Panache d’une jeune artiste ou stratégie bien étudiée de maison de disques ? Préférons écouter ce disque carte de visite avec toute l’attention que mérite une soprano déjà acclamée sur les scènes de Stuttgart, Vienne, […]